Home Politique Ntoumi roulé dans la farine par le prince de Mpila
Ntoumi roulé dans la farine par le prince de Mpila PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Samedi, 06 Mars 2010 11:39

Ntoumi vient d’apprendre à ses dépends que Monsieur Sassou a plus d’un tour dans son sac lorsqu’il veut tourner un adversaire politique en dérision. Il fait aujourd’hui les frais de la duplicité du Président de la République, de son entourage et de son gouvernement.

Nommé délégué chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre au cabinet du Chef de l’Etat, Ntoumi pouvait légitimement s’attendre à ce qu’on lui donne tous les moyens dont il a besoin afin de mener la lourde tâche qui est la sienne.  Malheureusement, depuis qu’il a pris ses fonctions, il ne dispose toujours pas de moyens financiers. Ce refus du gouvernement de donner des moyens à Ntoumi a quelque chose de paradoxal.

 

Comment peut-on responsabiliser un citoyen, au cabinet du chef de l’Etat de surcroît, et le mettre dans l’impossibilité de travailler ?  On dit souvent un homme, une mission et des moyens.

A l’impossible nul n’étant tenu, Ntoumi ne pourra pas faire des miracles tant qu’il n’aura pas les moyens financiers suffisants. C’est d’autant plus vrai que la promotion des valeurs de paix se fera non seulement dans le département du pool mais à travers tout le pays.Ce n’est pas à Ntoumi de sortir l’argent de sa poche alors qu’il est au service de l’Etat qui doit lui donner tous les moyens  pour qu’il s’acquitte de la mission qui lui a été confiée.

Il aurait mieux valu ne pas le nommer du tout que de l’humilier ainsi. C’est comme si on lui demandait de se contenter de son indemnité de fonction. On sent la méthode du discrédit. On refuse les moyens nécessaires au travail et, à la fin, on le traitera d’incompétent.

En agissant de la sorte à son égard, le risque est grand de faire regretter à Ntoumi le fait pour lui d’avoir renoncé à la rébellion. Ce qui n’est pas de bonne augure. Il est impérieux d’éviter qu’il ne soit tenté de reprendre les armes et la rébellion suite à cette déception, à cause de la mauvaise foi et du mépris du pouvoir en place.

Selon des sources dignes de foi, Ntoumi n’hésiterait plus à s’ouvrir à ses proches au sujet de ce qu’il considère maintenant comme une manque de considération du pouvoir.

S’il avait refusé de venir prendre ses fonctions, le pouvoir l’aurait traité de fossoyeur de la paix. Il a plusieurs reporté sa prise de fonctions, pour les conditions de sécurité qui ne lui semblaient pas encore réunies. Maintenant que, pour donner une chance à la paix, il a accepté de venir prendre ses fonctions, c’est par le mépris qu’on le traite. C’est irresponsable et inadmissible !

On chante la paix nuit et jour dans ce pays mais on ne fait rien pour la consolider ou rassurer les citoyens. Au contraire. On multiplie les actes de nature à mettre cette paix en danger et à la fragiliser.

Dans l’intérêt de notre pays que Ntoumi ait rapidement de moyens financiers suffisants qui vont lui permettre d’accomplir sa tâche qui est loin d’être une sinécure.

Monsieur le Président de la République, prenez vos responsabilités, en évitant de marginaliser ce délégué qui est chargé de cette noble mais combien laborieuse mission. On ne le dit peut-être pas souvent ni assez. La paix n’est pas un acquis définitif dans votre pays. Elle est encore fragile et doit être consolidée en permanence.

Le moindre événement fâcheux pourrait la mettre en cause et faire encore basculer le pays dans la violence. Or le Congo n’en a plus besoin.

C’est la voie de la sagesse d’éviter toute attitude qui pourrait créer des frustrations auprès des personnes qui sont nommées à des hautes fonctions par le Président de la République. Ils sont nommés non pas pour se tourner les pouces mais pour travailler. Ne les privez donc pas des moyens financiers de l’Etat. La paix passe par là aussi. Ne l’oubliez messieurs du pouvoir.

Ghys Fortuné Dombe Bemba

Mise à jour le Lundi, 08 Mars 2010 20:24