Home Politique Mbochisation, Tékélisation, Bembélisation, Kongolisation…. des postes stratégiques depuis 1960
Mbochisation, Tékélisation, Bembélisation, Kongolisation…. des postes stratégiques depuis 1960 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Lundi, 26 Avril 2010 08:36

Le tribalisme, le plus grand crime contre le Congo

Après près de 50 ans d’indépendance, les Congolais ne devraient plus évoluer chacun dans et pour son ethnie, sa propre tribu ou son département. Aujourd’hui, il serait déplorable et désolant d’encourager idiotement cette démarche qui a déjà conduit et conduit le Congo vers la partition, le chaos et les remous sociaux politiques.

En clair, ce n’est pas la meilleure façon d’être Congolais. C’en est la pire d’ailleurs. Ceux qui sont incapables de devenir Congolais et qui ne savent ou ne peuvent être Congolais appartenant à une tribu donnée ou à un clan, font partie des fossoyeurs de la Nation qui prennent les autres Congolais pour des lampistes ou des citoyens de seconde zone !

 

Voilà pourquoi, jusqu’ici, le Congo souffre spirituellement, intellectuellement et moralement de certains de ses fils et  filles qui sont incapables de répondre aux exigences d’être Congolais, de gouverner le pays et de gérer les affaires publiques dans l’intérêt suprême de la nation congolaise.

 Un crime de droit commun peut-être oublié mais jamais un crime contre la Nation

Voilà l’une des causes essentielles de nos 50 ans d’indépendance ratée. Car, le Congo souffre encore des leaders politiques falots et tribalistes qui osent marchander ou banaliser l’identité nationale congolaise. Il n’y a pas pire crime que cela. Car, à vrai dire, un crime de droit commun peut-être oublié mais jamais un crime contre la nation dans la mesure où la Nation est sacrément magique.

La Nation est nourrie du sang et des âmes des morts, des pensées et des cœurs de tout un peuple, des âmes qui attendent leur tour de perpétuer l’idéal national.

Aujourd’hui, être congolais ne peut être le simple fait d’être né au Congo ou d’être né Bomitaba, Mbochi, Bonguili, Téké, Lari, Kouyou, Kamba, Bembé, Loumbou, Makoua, Vili, Kongo, Dondo, Tsangui, Mbémon, Sangha-Sangha, Mbéti, Gangoulou, etc.

Aujourd’hui, être congolais est plus qu’une appartenance juridique, pour certains c’est se sentir de droit et de fait concerné par un certain destin, c’est choisir une terre d’accueil, de travail, d’amour et de vie. Etre nommé ministre au hasard d’une appartenance politique et ne penser uniquement qu’à servir et à favoriser les frères et sœurs du «coin» n’est pas la façon idéale d’être congolais ou à le devenir. Ce qui nécessite une meilleure fondation du fait et du droit d’être congolais. Une nouvelle fondation à la fois juridique et socio politique.

Comment comprendre qu’au moment où le Congo consent des énormes sacrifices pour un lendemain meilleur, qu’il y ait une catégorie de cadres civils et militaires appartenant à une «espèce d’ethnie dominante» qui ronge, sans peur et sans gêne, les finances publiques, au su et au vu des autres citoyens de plus en plus tétanisés et complexés !

Ensemble, cessons donc avec la Mbochisation, la Tékélisation, la Nzabilisation, la Kouyoutisation, la Bembélisation, la Kongolisation, la Vilisation, la Likoubalisation ou encore la Kambalisation des postes stratégiques au sein de nos différentes administrations civiles et militaires. Comme cela n’a cessé de l’être depuis notre indépendance en 1960. Cela nous a déshonoré et nous déshonore jusqu’ici.

Soyons convaincus du fait que tous les chefs d’Etat ou ministres qui s’étaient penchés aveuglement sur les membres de leur propre tribu afin de conserver le pouvoir avaient fini par être balayés et chassés du pouvoir comme des chiens puants !

Au Congo, ceux qui encouragent aujourd’hui  le tribalisme, l’ethnocratie, la privatisation de l’Etat et toutes les dérives y relatives, sont en train de saper les bases de notre Nation en accentuant les divisions, les frustrations et les clivages.

Cette posture intégriste est totalement anachronique et suicidaire pour le Congo d’aujourd’hui et de demain.

Evitons qu’une ethnie, soit-elle la plus riche ou la plus influente ( !) ne puisse dominer les autres...

Plus que jamais, ne nous voilons plus la face, aucune ethnie, aucune tribu, soit-elle la plus riche, la plus nombreuse, la plus forte ou influente ne pourrait régner éternellement sur les autres.                 Devant l’histoire, nous sommes obligés et condamnés à vivre ensemble, à gérer et à se partager ensemble les retombées financières issues de la vente du pétrole et des autres matières premières stratégiques de notre Congo. Or, que constatons-nous ? La grande pauvreté s’installe à grande échelle et dans la durée et ce, jusque dans les zones tribales du pays de la chance ; les fortunes providentielles elles aussi, hélas, toujours indexées sur les mêmes et autour des mêmes, avec leurs lignes d’assomption : VX, 607, Hummer, villas cossues se multipliant et fleurissant jusque dans la nuit, à la lumière des torchères improvisées à Brazzaville et ses environs. Pendant que la grande majorité des Congolais est plongée nuit et jour dans une misère sans nom !

 Nos leaders politiques sont devenus de plus en plus inhumains et sataniques….

Il est inhumain et satanique de s’enrichir illégalement, et de manière abusive, pendant que plus de 90% de Congolais pataugent nuit et jour dans la misère et la mendicité!

C’est pour quoi, après 50 ans de tribalisme primitif et de haine affreuse, il nous faut bâtir un projet des Congolais du 21ème siècle,  et redonner un nouveau sens au fait d’être réellement congolais.

Un projet dont l’exécution aurait lieu aussi bien aux écoles, primaires secondaires et à l’ université que dans les familles, les églises, les sectes, les bureaux, etc.

Il s’agit d’un projet qui ne choquerait nullement le bon sens. Un projet d’exécution, oui, mais aussi d’héritage pour les générations futures.

Un héritage qui s’harmonise dans une nation qui assume avec honneur et responsabilité, ses particularités départementales, tribales, linguistiques, culturelles et cultuelles enrichies des accents, des traditions, des coutumes, des modes de vie, des richesses naturelles, etc.

Dès lors, être congolais deviendra alors une  grande richesse sur laquelle, il importera d’asseoir toutes les leçons de notre propre histoire et toutes les ambitions économiques, culturelles et sportives de notre pays.

Aussi, ceux qui choisiront de devenir congolais trouveront, par conséquent, des valeurs et des principes qui les inviteront à donner le meilleur d’eux-mêmes au lieu de prostituer sauvagement la nationalité congolaise en naturalisant vaille que vaille des milliers de sujets étrangers notamment les ex-Zaïrois, les Rwandais, les Ouest-Africains, les Libanais, les Pakistanais et autres métèques qui écument le Congo, devenu un grand casino pour tous les faussaires, maffiosi et autres trafiquants impénitents.

Après 50 ans, ne rêvons plus. Et, cessons de dévaloriser inutilement notre identité : être congolais doit redevenir un acquis. Une fierté. J’ai dit.

Jean Bruno AYE’LO