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Dernière heure à l’hémicycle… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Mercredi, 05 Mai 2010 13:41

L’UPADS et Apparentés jettent l’éponge et fustigent Justin Koumba et ses collabos !

Ces dernièrs mois, il arrive à notre Assemblée Nationale de fonctionner comme si elle avait un Bureau pour les députés relevant de la Majorité (RMP et alliés) et, un autre Bureau pour les députés de l’opposition (UPADS et Apparentés), alors qu’il n’y a qu’une seule Assemblée Nationale et surtout un seul Bureau à sa tête.

Dès lors, pour avoir oublié totalement ses missions cardinales et toutes ses responsabilités, en refusant d’assumer jusqu’ici son rôle constitutionnel et en abaissant le crédit de l’Institution parlementaire, le Président Justin Koumba et son Bureau ont péché !

 

Décidemment, au niveau de l’Assemblée Nationale, l’ambition, la pensée et la responsabilité semblent déserter les intelligences au profit de quelques alignements «politico occultistes» qui étouffent l’ambiance et le tempo d’une démocratie civilisée à laquelle nous aspirons.

En effet, pour le Groupe parlementaire de l’UPADS et Apparentés, le Bureau de l’Assemblée Nationale ne cesse de s’enfermer jusqu’aujourd’hui dans un silence coupable et complice ; banalisant ainsi l’Assemblée Nationale et ridiculisant totalement le pouvoir législatif.

Au regard de ce qui précède, le Groupe parlementaire de l’UPADS et Apparentés, a rendu public, le 27 avril 2010, à Brazzaville, une déclaration à l’attention du Président Justin Koumba «Grand Couz’» et son Bureau.

Quel honneur y a-t-il, pour le Bureau de l’Assemblée Nationale et le groupe parlementaire RMP, à rendre témoignage des actions et décisions impopulaires du Gouvernement sans un débat serein, franc et fructueux ?

Pourquoi le Président Justin Koumba et son équipe se plaisent-ils à transformer maladroitement l’Assemblée Nationale en une simple caisse de résonance du pouvoir de Mpila ?

Cette attitude anti-démocratique a été observée lors de la séance de questions orales au Gouvernement avec débats, le 27 avril 2010, au Palais du Parlement. En réaction, les députés membres du Groupe parlementaire de l’UPADS et Apparentés ont appuyé sur «la deuxième pédale».

C’est ainsi qu’en toute responsabilité, ils ont préféré répondre par le silence et l’indifférence totale estimant, à tort ou à raison, prêter attention aux débats et parler ne servait plus à rien.

Le Bureau de l’Assemblée Nationale  ayant opté ouvertement pour l’unilatéralisme, la fuite en avant et la vanité.

Le débat ne valait plus la chandelle !

Car, interpeller l’action du gouvernement du «Chemin d’Avenir», sans autoriser la contradiction, répondre à la critique par des menaces, des interdictions de parole est une facilité qui laisse la porte ouverte à la mal gouvernance, aux frustrations, à la dérive démocratique et surtout à l’avilissement de l’image de notre démocratie qui, avouons-le, vient de prendre un sérieux coup.

Pour tenter d’éclairer la lanterne de nos millions de lecteurs, voici, en exclusivité, l’intégralité du Mot du Groupe parlementaire de l’UPADS et Apparentés.

Mot du Groupe Parlementaire de l’UPADS et Apparentés à l’attention du Bureau de l’Assemblée Nationale

«Depuis le début de cette législature qui se trouve à mi-parcours de sa durée, l’opposition parlementaire au nom de laquelle je prends la parole, modestement a apporté sa contribution au débat parlementaire.

La séance de questions orales au Gouvernement, la plus solennelle et la mieux suivie de toutes nos séances plénières, a montré à quel point l’opposition entendait prendre toute sa part dans ce débat.

Certes, le débat est libre dans cette assemblée. Mais la crédibilité d’une démocratie se juge par la prise en compte des avis de l’opposition et surtout par l’application des engagements et des déclarations officielles du Gouvernement qui, résultent des conclusions du débat démocratique.

De même, la vitalité d’une démocratie se juge à l’aune de la force des contre–pouvoirs et à l’observation du principe de séparation des pouvoirs, notamment, entre l’exécutif et le législatif.

Le Bureau de l’Assemblée Nationale qui se complaît dans un rôle plus de collaborateur du Gouvernement, refuse ainsi d’assumer son rôle constitutionnel et abaisse le crédit de l’Institution Parlementaire.

A titre d’exemple, au moment où se tient cette séance de questions orales au Gouvernement, aucune des conclusions des dernières séances n’a été traduite dans les faits. Pourtant, tirant la synthèse de la dernière séance des questions orales au Gouvernement tenue le 8 décembre 2009, le rapport du Bureau de l’Assemblée Nationale concluait en ces termes, nous citons : «Pour terminer, le Président a pris acte des engagements pris par les Ministres devant la Représentation Nationale et a promis que l’Assemblée Nationale pour sa part, définirait en son sein un cadre de suivi de ces questions pour que l’on ne revienne pas continuellement sur les mêmes problèmes» (fin de citation).

A la vérité, rien n’a été pris en compte par le Gouvernement et quatre mois après, le Bureau de l’Assemblée Nationale s’enferme dans un silence complice. En effet, le Groupe Parlementaire de l’Upads et Apparentés relève quelques uns desdits engagements non encore exécutés et qui nul doute, ne le seront pas :

- l’indemnisation des exportés de l’aéroport Agostino Neto annoncée par le ministre des Affaires foncières en réponse à la question posée par l’honorable Dominique Basseyila.

- l’engagement du Gouvernement de créer toutes les conditions de transparence dans la question de l’épargne budgétaire à la suite de la question de l’honorable Martial De Paul Ikounga dont la proposition de loi et la demande de mise en place d’une commission d’enquête parlementaire y relatives souffrent sous le coude du Bureau de l’Assemblée Nationale.

- la publication des résultats du recensement général de la population annoncée pour fin 2007 par le Président de la République lui-même dans sa déclaration devant le Parlement réuni en Congrès le 27 octobre 2007, ensuite par le ministre du Plan pour fin octobre 2009 lors de l’examen du projet de loi portant création de l’Institut National de la Statistique et enfin toujours par le ministre du Plan pour le 31 décembre 2009 (avec précision de date) à l’occasion de la dernière séance des questions orales au Gouvernement tenue le 8 décembre 2009.

S’agissant de ce dernier cas, et selon le ministre du Plan, le retard de publication des résultats du recensement général de la population serait imputable à la lenteur de l’imprimerie alors même que le décret d’authentification desdits résultats n’a jamais été pris. Et le Bureau de l’Assemblée Nationale assiste impuissant à la banalisation de l’Institution parlementaire et à la volonté du Gouvernement de ridiculiser le pouvoir législatif.

Au total, le mépris du Gouvernement pour l’Assemblée Nationale, la complaisance ou la complicité du Bureau de l’Assemblée Nationale sont autant de raisons qui expliquent aujourd’hui la non participation effective des Députés de l’opposition au débat de la présente séance. Ils entendent s’assurer de la bonne foi du Gouvernement, du respect des principes élémentaires de la démocratie et de la volonté du Bureau de l’Assemblée Nationale de jouer le rôle constitutionnel qui est le sien plutôt que celui de simple soutien qu’il se félicite d’être comme dans un système de Parti unique.

Le Groupe Parlementaire de l’UPADS et Apparentés réitère sa disponibilité et sa volonté de jouer son rôle d’opposition démocratique. Il souhaite une concertation soutenue avec le Bureau de l’Assemblée Nationale afin de contribuer au relèvement de l’autorité du Parlement et à l’affirmation de sa vocation de contre pouvoir à la toute puissance du Gouvernement».